|
Olivier Pé est un artiste liégeois né en 1972. D'origine italienne, il garde encore aujourd'hui une relation étroite avec la culture de son pays.
Ses intérêts pour la peinture et la musique se dévoilent vers quinze ans, âge auquel il commence à peindre et à jouer de la guitare (pour ce qui est de la musique, Olivier Pé est autodidacte).
Il fait ensuite des études de peinture à l'Institut Saint Luc de Liège durant lesquelles il effectue un important travail de recherche; développant un nouveau rapport à l'espace : "cela m'a surtout servi à prendre conscience de plusieurs choses, on ne peut envisager l'art sans son rapport à l'espace, l'accrochage même d'une peinture est déjà un travail d'installation ".
Ce rapport à l'espace et à la matière l'amène à s'intéresser au son dans sa présence physique. Ce principe lui semble toujours important aujourd'hui et il envisage ses réalisations musicales comme "des recherches sur la matérialité sonore".
| |
|
|
| |
 |
|
| |
Vwa fug |
|
| |
vidéo, 1997 |
|
En mai 2002 Olivier Pé crée; avec d'autres artistes; l'An vert, a.s.b.l à vocation culturelle située rue Mathieu Polain dans le quartier d 'Outremeuse à Liège. L'An vert se définit comme un lieu "d'ateliers d'art et d'essais", qui se propose d'ouvrir et de mettre à la disposition des artistes plasticiens des espaces créatifs (ateliers temporaires mis à disposition sous forme de location à prix démocratique) et organise des expositions ponctuelles, des concerts et des spectacles en tous genres :
"la pratique artistique n'étant pas réservée aux plasticiens, l'idée d'ateliers s'est naturellement élargie à l'ensemble des créateurs (…) pour répondre davantage à l'idée d'une pratique artistique généralisée et décloisonnée, c'est-à-dire inter et
pluri-disciplinaire."
Loin de toute démarche lucrative, l'An vert permet à de nombreux artistes de présenter librement leur travail.
En voici un texte de présentation :
"L'An vert est une association ayant pour objectif de favoriser l'émulation et la création artistique. Notre orientation générale se base sur une conception interactive de l'organisation et des relations, ainsi que sur la proposition d'un espace polyvalent, considéré comme atelier d'art pluridisciplinaire, largement orienté vers la recherche et la naissance de projets artistiques enclins à l'ivresse toute particulière des expériences nouvelles.
Amateurs d'art et d'essais contribuent largement à l'existence de ce lieu, comme acteurs ou spectateurs.
Nous vous convions à goûter nos banquets de passions et à partager notre théâtre des affinités…salon, bar, spectacles, concerts, cabarets, performances, expositions, projections, bibliothèque interactive, petite édition autonome
et expériences en tous genres…"
Olivier Pé est également à l'origine d'un projet nommé entrelaction matériophonie. C'est un "concept modulable" : collectif dont la structure (nombre et rôles des intervenants) peut changer à chaque représentation. Formé en 2002, ce projet a à son actif une vingtaine de représentations live. Il est composé principalement de Olivier Pé (guitare préparée, trompette, percussions…), Joël Keutgen (claviers, piano préparé, effets…), Daniel Voisin (manipulations, sampler, objets, percussions…), Patrick Mathys (clarinette basse, violoncelle…), Fabio Onano (manipulations, objets, violon…), Pierre Gérard (manipulations, objets,…) mais aussi Benoît Gob (électroniques, voix...), Frédéric Darras (projections vidéos, lumières…), Kathleen Vossen (voix...) et d'autre intervenants occasionnels. Les rôles des intervenants étant variables et souvent intuitifs lors des représentations, il est pratiquement impossible de les définir clairement. Musiciens de formations diverses (classique, autodidacte…) et autres expérimentateurs sonores se rassemblent et forment, dans une volonté commune d'écoute et d'ouverture, un ensemble de recherche sonore et musicale "comprovisée" autour de la matérialité sonore.
Mis à part les instruments traditionnels (utilisés bien souvent de façon non conventionnelle) et les instruments électroniques (sampler, synthétiseurs…), les sources sonores sont très variées : ressorts, boulons, instruments bricolés / fabriqués, élastiques, etc.
Les sons générés lors de ces séances sont souvent captés par des micros et passés dans des effets en temps réel pour être diffusés en direct par des hauts-parleurs.
Les projections vidéos également présentes lors de la plupart des représentations sont faites sur les musiciens et organisées en relation avec les événements sonores.
Entrelaction matériophonie est un terrain d'explorations en perpétuel mouvement, une formule ouverte favorisant une créativité collective de forme nouvelle.
D'un point de vue plus individuel, Olivier Pé exploite différentes disciplines artistiques mais la pratique de la peinture reste sa principale activité. Il se considère avant tout comme un peintre dans son regard sur le monde, son état de vision.
Les réalisations d'Olivier Pé sont le fruit d'une grande réflexion.
Il multiplie les mots valises et autres mots inventés, dans lesquels il utilise entre autres certains termes empruntés au langage musical placés dans le cadre de l'art visuel.
Par exemple il a titré un de ses tableaux Anarmonie.
| |
|
|
| |
 |
|
| |
Anarmonie |
|
Il y a chez Olivier Pé une volonté constante d'établir des parallèles entre les différentes possibilités de création. De façon très originale il crée un univers particulier où les disciplines se rencontrent librement dans un ensemble à la fois hétéroclite et homogène, car toujours imbibé d'une même substance réflexive.
Olivier Pé travaille de multiples modes d'expression et développe un monde insolite où les liens se tissent entre les mots, des idées et le ressenti, les fantasmes, l'introspection. Pour la plus grande partie, ses créations sont à la fois des réflexions à propos de l'humain et de sa condition et les représentations métaphoriques d'un monde intérieur sensuel
et mystérieux.
Voici un texte de l'artiste à propos de sa peinture:
"La pratique de la peinture est pour moi une expérience de conscience et de résistance à l'égard de tout ce qui contraint les voix de liberté et de beauté au silence.
Mais tout autant il s'agit d'exprimer une pensée.
Une pensée comme l'avènement d'une passion, d'une vérité d'être dans le champ d'une parole, d'un langage, en l'occurrence celui de la peinture, de la couleur et de la matière agencées en figures signifiantes. Pour peu qu'on l'entende, il y est question d'un monologue paradoxal, celui d'une conscience obscure
-de sa matérialité et de son historicité -tendue entre les deux pôles indéfinis de l'anarchie et de l'harmonie, enfin : des coulisses de l'être, de son architecture et de son temps propre.
Mon ambition est de mettre à jour ce théâtre fondamentalement physique et poétique qui me tient lieu d'humanité."
O.P, déc. 2002
Ses installations, vidéos et photographies relatent souvent davantage son rapport à la société.
Le rapport à l'humain étant présent dans tout son travail, il s'agit de critiques moins basées sur le ressenti et plus liées aux concepts. La série de photos Culture est un exemple simple de cette démarche, où l'artiste exprime un point de vue critique sur la façon qu'a notre époque de concevoir la culture…
| |
|
|
| |
 |
|
| |
Culture 2 |
|
|