Robin storey / Rapoon :: Présentation

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Olivier Pé

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Robin Storey / Rapoon

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Steve Roden / in be tween noise
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Robin storey est né en 1955 à Cumbria, dans le nord-ouest de l'Angleterre, dans l'estuaire du Solway, près de l'Ecosse. Ce lieu est important pour lui et l'a toujours influencé.
Les arts visuels sont rapidement ses premiers moyens d'expression. Robin Storey déteste l'école et passe la plupart de son temps dans la salle d'arts plastiques. Encouragé par certains professeurs et quelques autres adultes, il sait très tôt que c'est ce qu'il veut faire.
A quatorze ans Robin Storey travaille ses premiers sons à l'aide d'un magnétophone multipiste échangé contre des jouets et des disques.
Il étudie les beaux-arts à l'université de Sunderland dès 1972 et suit ensuite une formation dans une école supérieure près de Newcastle : "C 'était alors un établissement qui ne favorisait pas un art par rapport à un autre mais permettait aux étudiants de s'épanouir en explorant et en expérimentant les arts classiques ou traditionnels et différents concepts artistiques". C'est lors de cette période que Robin Storey commence à s'intéresser de plus en plus à la musique comme moyen d'expression et qu'elle devient sa préoccupation majeure.

Un intérêt pour la composition sonore s'y révèle lors de cours sur la composition électronique et instrumentale. Comme deux autres étudiants sont engagés dans la même démarche et que leur travail sort du champ de compétence des professeurs, un intervenant extérieur est nommé pour les évaluer : il s'agit de Dave Pinder qui est compositeur et connu pour ses biographies d'autres artistes, notamment celle de John Cage. Il est alors pour eux une source de conseils et d'encouragements.
La première performance musicale de Robin Storey est l'interprétation de pièces de John Cage lors d'une évaluation.
C'est à cette période que son amie Lisa Hale, avec laquelle il travaille des morceaux, le met en relation avec les deux derniers membres d'un groupe punk qui ont un contrat d'enregistrement mais pas de démarche précise. Ils commencent alors à répéter dans un bâtiment en ruine à Newcastle. C'est la naissance de ce qui deviendra le mythique collectif underground :Zoviet*France: qui dès cette époque adopte une démarche anonyme, les noms des musiciens n'étant pas indiqués sur les albums...

   

La plus grande influence de Robin Storey et du premier percussionniste du groupe Peter Jansen est à cette époque le groupe de krautrock Can. Cette influence se ressent alors dans la musique qui trouve ensuite, selon Robin Storey, sa propre impulsion et son style singulier à partir de l'album Norsch. Bien qu'il considère l'album Monomishe comme le meilleur témoignage de cette première période. Peter Jansen les quitte peu de temps après.

 
Norsch (1983)

Mohnomishe (1983)

A ce moment :Zoviet*France: devenu un duo est rejoint par Paolo Di Paolo qui est également plasticien, et cette période productive, que Robin Storey décrit désormais comme la plus intéressante, est à l'origine des albums que Robin Storey considère comme ceux qui ont le mieux vieillis, tels Popular Soviet Songs et Eostre. Ensuite Paolo Di Paolo quitte la formation et est remplacé par Mark Spybey avec lequel une autre période productive a lieu jusqu'à son départ et à l'arrivée de Andy Eardley.

 
 
Popular Soviet Songs And Youth Music (1985)
Eostre (1984)

C'est durant une tournée aux U.S.A en 1991 que Robin Storey prend la décision de quitter le collectif car il considère que :Zoviet*France: est tombé dans le piège de l'ego.

   

Il crée directement son projet solo intitulé Rapoon et travaille progressivement à ses albums tirés en petite quantité (ce qui lui permet de travailler l'aspect de ses disques de façon hors norme; il utilise d'ailleurs bien souvent ses œuvres graphiques et des matériaux originaux) sur une série de labels indépendants (entre autres: Klangallerie, Relapse/Release, Soleilmoon et l 'excellent label hollandais Staalplaat).
Aux alentours de 1998, Robin Storey délaisse les magnétophones analogiques pour travailler sur ordinateur.
Ses méthodes de travail et les sonorités de ses travaux ont désormais évolué en fonction de ce nouvel outil.
Robin Storey est aujourd'hui marié et père de famille. Il s'adonne à ce qu'il aime le plus : les activités artistiques.

   


Robin Storey travaille le son et l'image d'une façon très personnelle, que ce soit dans sa musique ou dans son travail pictural, il est un artiste entier et dont les recherches témoignent d'une grande cohérence.

La dualité de Rapoon est omniprésente, il explore des contrées sonores inédites situées entre les atmosphères
industrielles et les influences ethniques et tribales.
Loin des clichés véhiculés par certains dérivés commerciaux
"prêts à consommer" de la world music, Robin Storey introduit des samples d'instruments asiatiques et africains de sa collection et dont il joue et modifie les sons par des procédés divers (analogiques, digitaux…). Souvent mis en boucles ou organisés en motifs répétitifs ils donnent naissance à des univers envoûtants.

   

Le procédé de répétition est également présent dans le travail pictural de Robin Storey, cette analogie est la plus évidente mais il y a néanmoins une série d'autres analogies possibles, notamment dans la juxtaposition de textures dégradées, donnant un effet irréel qui peut être mis en relation avec la prédilection de Robin Storey pour l'utilisation de l'effet de réverbération dans sa musique.

La musique de Rapoon est parfois qualifiée de dream music, en effet, de cet improbable rêve musical au confins des cultures résulte bien souvent un état proche du rêve semi conscient et de la transe.

Qu'ils soient terriens, aériens ou aquatiques, ces soundscapes transportent l'auditeur dans un voyage profond et empreint de mysticisme. Au milieu de trames sonores obscures et inquiétantes dans lesquelles la lumière s'introduit toujours, se fait éblouissante à un moment donné dans la suite de morceaux qui composent un album de Rapoon. Ces éléments, ponctuées de petits grains se séparent et se dématérialisent en textures brumeuses.
Ces ambiances sont enrichies de temps à autre par des rythmes saccadés et parfois agrémentées de phrases mystérieuses, brèves pistes philosophiques propices à la réflexion.

La frontière entre cette dark-ambient méditative et ces atmosphères plus tranquilles est très faible, Rapoon oscille subtilement entre ombre et lumière dans un voyage singulier et pour le moins enivrant.