Steve Roden / in be tween noise :: Présentation

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Steve Roden / in be tween noise
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Steve Roden est un artiste californien de Los Angeles.
Vers 1978, réalise son premier morceau avec deux magnétophones. En s'enregistrant en train de chanter. Il est fasciné par la façon dont son jeu évolue au fur et à mesure du processus, la dégénérescence que le son subit à chaque nouvelle copie, à chaque nouveau transfert d'un appareil à l'autre. Il commence ensuite à s'intéresser petit à petit aux sons des objets. La première fois qu'il tente de faire de la musique, il utilise des guitares, des synthétiseurs, etc. Mais il ne trouve pas ces sons assez abstraits et n'en est pas satisfait. Ne sachant pas en jouer de façon traditionnelle, il s'agit déjà plus de
"manipulations". C'est tout naturellement qu'il se dirige vers des instruments issus d'autres cultures, puis finalement vers des morceaux de métal, ou de pierre…
Vers 1982 il commence à y ajouter d'autres sons environnementaux (voix, voitures…). Sa manière d'écouter évolue et révèle une aptitude à composer.

Steve Roden expose son travail visuel et sonore depuis 1986, année où commence à étudier les beaux-arts à l'Otis Art Institute of Parsons School of Design de Los Angeles pour en sortir bachelier. Il réalise ensuite, en 1989, une maîtrise de beaux-arts au Art center College of Design de Pasadena.
Steve Roden réalise des expositions personnelles et participe à de nombreuses expositions collectives dans des galeries, des musées et des espaces artistiques de toutes sortes, et son travail est de plus en plus exposé. Aujourd'hui il a à son actif énormément d'expositions dans de nombreux pays tels les Etats-Unis, l'Italie, la France, le Japon, la Bulgarie, la Slovénie, l'Angleterre, l'Allemagne, le Danemark, etc.

Il réalise également ses "paysages sonores" (voir soundscape) improvisés en live et autres types d'évènements dans de nombreux festivals (dédiés aux musiques nouvelles, aux arts électroniques, etc.) et lors de nombreuses autres occasions particulières. Il a entre autres présenté son film
books of seconds au cinéma Nova à Bruxelles récemment.

Roden sort de nombreux compacts discs sur des labels indépendants, entre autres : Trente oiseaux (Allemagne), Sonoris, Digital narcis (Japon), et Line / 12k (Etats-Unis) et apparaît également sur un grand nombre de compilations internationales.
En 1999, Roden co-édite la publication site of sound à propos des relations entre le son et l'architecture, avec des architectes, artistes sonores et critiques d'art tels Christina Kubisch, Steve Peters, Tom Marioni et Pierre Koening.
Ce n'est qu'un exemple parmi la liste impressionnante de réalisations que Steve Roden a à son actif aujourd'hui.


Steve Roden développe un univers très singulier en tant que peintre, scuplteur, vidéaste et musicien. Il effectue également un important travail d'installations.

     
   
  hanging garden  
  2000
gallerie pcc, Pasadena, Californie
 


Dans tout son travail, Steve Roden adopte une démarche d'interprétation des éléments du réel de façon abstraite. Il crée de nouvelles présences à partir de ces choses communes et leur donne une valeur unique, non familière. Son intention étant d'ouvrir les choses en multipliant les possibilités de lecture.
En ce qui concerne son travail sonore, Steve Roden est principalement un recycleur d'objets a priori non musicaux. Il utilise cette technique au sein d'albums, de performances live,
et aussi dans ses installations. Dans ce cas, le contenu sonore de l'installation (qui comporte presque toujours des haut-parleurs) a souvent été composé à partir de sons liés au lieu même dans lequel l'œuvre est installée, que ce soit un jardin, une galerie, une entreprise adjacente, etc.
Mais cette démarche ne peut pas être qualifiée de purement conceptuelle. En effet, il arrive à Steve Roden de faire dévier ses inspirations dans une voie plus intuitive. Par exemple , il a présenté fin 1999 à Berlin et debut 2000 à Los Angeles une installation relative au Finnegans wake de James Joyce. Chaque dessin avait été réalisé en regardant une page du livre. Quant à la partie sonore, elle avait été créée en utilisant comme unique source un vieil enregistrement de Joyce donnant une lecture du Finnegans wake.

Steve Roden indique généralement dans les livrets qui accompagnent ses albums qu'ils ont été conçus pour être écoutés à un volume relativement faible. Il y indique également toute une série d'informations à propos de l'origine des sources sonores (volontairement rendues abstraites, méconnaissables) et d'autres informations afin d'expliquer clairement les concepts de ses réalisations, les sentiments vécus,... Cette attitude adoptée dans tout son travail facilite l'approche pour l'auditeur.

La démarche de Steve Roden est aux antipodes d'une démarche tape à l'œil ou démonstrative. Cette appréhension discrète et posée que Steve Roden a de la pratique artistique n'est pas due à une gêne ou à un manque de franchise.
Roden ne cherche pas à impressionner ou à intriguer l'auditeur mais à lui permettre d'évoluer dans un espace abstrait et non narratif. Ses trames sonores sont souvent calmes et dépourvues d'agressivité.
Ce besoin d'abstraction est défini par une recherche de l'écoute pure, impossible à rattacher à d'autres musiques plus traditionnelles et idées préconçues.

D'abord sous le pseudonyme de in be tween noise et ensuite sous son propre nom, ses réalisations musicales sont d'une grande finesse, il réalise de nombreux albums solo et en collaboration, mais toujours avec cet intérêt pour le détail, ce banal et microscopique point de départ de chaque réalisation qui donne naissance aux sentiments exprimés avec tant de candeur et de poésie.
Bien qu'il y ait une grande part liée au concept dans ses réalisations, Steve Roden part de (presque) rien. D'une attention vierge, il développe son rapport intime et intuitif à l'objet, si insignifiant qu'il puisse paraître, pour en dévoiler l'universalité, chaque plus petite parcelle du monde solide étant une source d'infinies possibilités…